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Les chantiers en baisse

MAISONS INDIVIDUELLES. Malgré une amélioration depuis avril, les commandes auprès des constructeurs reculent encore de 10 % en Aquitaine, un peu moins en Gironde

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Un redressement du marché semble s'amorcer depuis cet été mais les constructeurs de maisons individuelles ne voient pas encore la sortie de crise. En Aquitaine, le nombre de permis de construire délivrés a baissé de 23 % entre novembre 2008 et octobre 2009 par rapport à la période comparable, un an plus tôt. Cette moyenne régionale cache une situation moins dégradée en Gironde et dans les Pyrénées-Atlantiques par rapport aux Landes et au Lot-et-Garonne.

 

Réunis vendredi à Bordeaux pour une rencontre interrégionale Aquitaine, Poitou-Charentes et Limousin, les adhérents de l'Union des maisons françaises (UMF) ont tous fait le même constat. Il est représentatif de la conjoncture générale du métier dans la mesure où cette organisation regroupe 600 entreprises (soit 900 marques) dont une quarantaine de constructeurs aquitains auxquels s'ajoutent les représentants locaux des groupes nationaux. Ils assurent entre 60 et 65 % du marché de la maison individuelle isolée ou groupée.

 

Retournement en cours

« Le marché français est tombé au plus bas en décembre 2008 », commente Christian Louis-Victor, président de l'UMF. Le début de l'année n'a guère brillé avec un nouveau recul compris entre 30 et 40 %. « Depuis avril, on assiste à un retournement des courbes de la consommation qui se rapprochent de celles de 2008 à la même époque », dit Christian Louis-Victor. Pas de quoi pavoiser toutefois : sur les 12 derniers mois, les ouvertures de chantiers reculent de 21 % en Aquitaine et les contrats de vente signés actuellement ne sont en baisse « que » de 10 % dans la région. Un peu moins en Gironde.

Autre élément : « la relance se fait par la clientèle d'entrée de gamme », des familles aux revenus mensuels compris entre 1 600 euros et 3 000 euros (les deux tiers des commandes) qui, dans la région, investissent en moyenne 110 000 euros dans une maison de 105 mètres carrés, hors terrain et raccordement aux réseaux.

 

« On est sur un marché très tendu », confesse Christian Louis-Victor. Les constructeurs doivent composer avec des acheteurs au budget en baisse et des contraintes environnementales (isolation, énergie) qui augmentent de 15 à 20 % le prix final. Même si Jean-Louis Borloo mise sur une baisse rapide du surcoût de ces contraintes, les constructeurs ne manquent pas une occasion de « pousser le curseur » sur le prêt à taux zéro et de demander la prorogation après 2011 du Pass foncier. Le montage de ce dernier est complexe et rebute bien des banques. Une convention signée vendredi entre l'UMF et la Caisse d'Épargne Aquitaine-Poitou-Charentes a pour but de faciliter l'accès des clients à ce dispositif.

 

L'espoir de la maison bois

Par ailleurs, face à des acheteurs devenus plus exigeants et maniant eux-mêmes des logiciels d'architecture, les constructeurs se veulent « plus responsables » et davantage « à l'écoute ». L'UMF s'est dotée d'outils en ce sens. Elle va par ailleurs créer une commission nationale dédiée à la maison à ossature bois. Le marché ne représente que 5 % des maisons à l'échelon national mais frise les 10 % en Aquitaine. Phénomène « tendance » ou vraie lame de fond ? Compte tenu de l'appui du Conseil général de la Gironde et de la Région à cette filière, l'UMF-Aquitaine sera au coeur d'une stratégie visant à fédérer un univers des constructeurs bois encore atomisé.

 

Autant de façons de se préparer à la sortie de crise. « Pour l'instant, elle n'a pas affecté l'outil de production », relève Didier Armand, président de l'UMF-Aquitaine. Cela n'avait pas été le cas lors des précédentes crises immobilières dans les années 90 et en 2002-2003. Même s'il « n'y a pas eu de casse », de grosses défaillances d'entreprises cette année, l'avenir demeure incertain. Christian Louis-Victor estime que « la reprise se fera graduellement, progressivement, mais je ne vois rien venir en masse avant 2012. »

 

Michel Monteil

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